Informatique et aide au diagnostic médical. Evolution des idées ?

 

Juin 1971
Dans la revue "Informatique Automatique" n=19-20, le Professeur O. Troisier écrit un article très intéressant concernant le "Diagnostic Médical Informatique" et ce il y a plus de 25 ans... En voici sa conclusion : "il nous semble que l'informatique doit permettre au médecin de garder son rôle, mais aussi d'améliorer la qualité clinique du praticien. En effet, l'ordinateur doit lui permettre de gagner un temps précieux, et aussi lui permettre d'une part d'arriver plus souvent au diagnostic et, d'autre part d'augmenter rapidement dans le temps son potentiel d'expériences vécues positives, directement utilisables à la première phase du contact avec le malade c'est-à-dire l'interrogatoire, l'examen, et la recherche d'emblée de la bonne hypothèse, rapidement confirmée. On doit ainsi pouvoir former de meilleurs médecins, dans des temps plus courts, et surtout leur permettre un recyclage permanent, effectué dans l'heureuse athmosphère d'une meilleure compréhension des faits".

Le 20 Janvier 1987 :
Lors d'une communication à l'Académie nationale de Médecine, Monsieur Bertrand KEMPFT (Auteur de "Médecine et ordinateurs : le bel avenir", conseiller à la compagnie IBM France, ancien directeur de l'informatique à l'Assistance Publique de Paris ) disait : " demain tous les Médecins auront à leur disposition des batteries de logiciels d'aide au raisonnement diagnostique et thérapeutique qu'ils utiliseront devant toute situation complexe ou nouvelle. Les conséquences en seront importantes. D'abord passés les inévitables faux pas au démarrage et en dépit de quelques effets pervers que vous imaginez facilement, un accroissement global du niveau de qualité de l'acte. Ce n'est pas parce que la machine est supérieure à l'Homme pensant, mais parce que la connaissance des meilleurs experts sera ainsi distribuée à tout le corps médical. Cette métacompétence ne pourra être valablement exercée qu'à une condition fondamentale sur laquelle je suis certain que vous me donnerez raison, il faudra que le Médecin soit capable de dominer parfaitement la sémiologie de ces nouveaux domaines de pratique. Ce n'est pas l'ordinateur qui examinera le malade...
En tant que mémoire il est un puissant moyen de mise à jour des connaissances ; comme le disait Bertrand KEMPFT sur l'évolution des systèmes experts médicaux : "ce n'est pas parce que la machine est supérieure à l'Homme pensant, mais parce-que la connaissance des meilleurs experts  sera ainsi distribuée à tout le corps médical. Quoi de plus commode en effet pour le Médecin que de réviser, contrôler, accroître ses connaissances par un auto-enseignement auquel il peut accéder à tous moments."


Le 1er Février 1996 :
donc près de 10 ans plus tard, on relève dans le Revue du Praticien , dans l'avant-propos sur l'avenir des systèmes d'Aide à la décision une affirmation pas très optimiste : "les médecins les plus conservateurs se sont vite rassurés en constatant que le dossier médical résistait tout particulièrement à l'informatisation et que le système expert, non seulement ne se substituait pas au Médecin, mais au mieux restait cantonné dans le laboratoire de recherche qui les avait conçus "
Heureusement cette affirmation est tempérée plus loin par le même auteur qui dit :
"la place des systèmes d'aide à la décision sera sans nul doute croissante dans l'activité médicale, fournissant au Médecin une source d'expertise supplémentaire pour affirmer et justifier la décision."
Les prédictions de Bertrand KEMPFT sont donc reprises.


Le New England Journal of Medecine 1994, 330: 1792-1796 a analysé les performances de 4 logiciels d'Aide au diagnostic commercialisés aux U.S.A : les diagnostics corrects ont été évoqués entre 50 et 75 % des cas, et de conclure "ils peuvent être utiles pour suggérer ou évoquer les diagnostics possibles auxquels le clinicien n'aurait pas pensé". AideDiag a été comparé à eux et avait des performances équivallentes (Thèse Professeur Grémy Montpellier 1992).


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